dimanche 18 juillet 2010

Symbol - Matsumoto Hitoshi



Il fut un temps, pas si lointain, où les termes "cinéma japonais" évoquaient des pellicules bizarres, effrayantes ou tordues, des joyaux pop inimaginables dans nos contrées, que l'on devait s'empresser de faire découvrir à ses proches. Le temps a un peu passé, les journalistes ont journalisé, les Tsukamoto, Kitano ou Miike, gagnant une reconnaissance méritée, se sont adoucis ou perdus, et les productions japonaises semblent elles aussi avoir revu leurs ambitions à la baisse (les sections "acteurs" et "photographie" de l'archipel ont visiblement subi de sévères coupes de budget).
Mais heureusement, la situation n'est pas si désespérée, et il reste encore quelques réserves mises de côté par les producteurs pour financer deux ou trois films d'outre-espace chaque année ( Kawasaki Minoru est à part, il doit arriver à se débrouiller tout seul...). Il est ceci dit quand même préférable de s'être déjà fait un nom dans l'enfer des émissions comiques déversées par flots sur le petit écran nippon pour pouvoir discuter tête haute avec les financiers.
Comme Kitano, Matsumoto Hitoshi vient en effet de la télé. Son précédent film, Dai Nipponjin ("Le Grand Japonais") était une sorte de reportage sur un super héros has-been, comme un Hancock avant l'heure en version grotesque/absurde, développant en sous-texte des piques ironiques revanchardes à l'encontre de l'omniprésent grand frère américain.
Cette espièglerie nationaliste, on peut la déceler une fois de plus de manière symbolique dans le nouveau film de Matsumoto. Ou pas. Car du "symbole", il y en a ici à revendre, comme du non-sens le plus gratuit, des sushis à la pelle et du catch mexicain, jusqu'à l'overdose interprétative.
Oui, car Symbol s'ouvre comme un Las Vegas Parano au mexique avec une religieuse en lieu et place de Johnny Depp, introduction à un espèce de Wrestler latino en ocre et couleurs vives, filmé de manière assez retenue. En alternance, le film développe un deuxième axe, plus important, une version régressive de Cube dans laquelle un homme en pyjama (Matsumoto) se réveille dans une pièce aux murs lisses, sur lesquels poussent en excroissance des pénis d'angelots en SFX, qui distribuent divers objets une fois pressés.
Je ne vous dirai pas comment ces deux lignes scénaristiques se rejoignent, mais si, elles le font, et ouvrent alors la dernière partie du film qui abandonne d'un coup entomologie mexicaine et Terence et Philippisme fluo pour littéralement s'élever vers la SF mystique dans un final capillaire traitant de l'accomplissement personnel ou collectif, ou encore d'autres choses, sentences sur lesquels je me refuse de porter de jugement définitif par respect pour l'horizon encore vierge du blogolecteur n'ayant pas encore vu Symbol, par hébétude personnelle et par nimportequoisme avéré de l'oeuvre ici abordée, qui ne m'aura pas si facilement. Ho.

Mais en bref, c'est plutôt bien.

mardi 13 juillet 2010

Minoru Kawasaki !

Pas encore vu celui-ci :


映画『猫ラーメン大将』予告編

... mais ça ne saurait tarder...

jeudi 8 juillet 2010

Kawasaki Minoru- The Monster X Strikes Back : Attack the G8 Summit


(also not known as : ギララの逆襲)

Voici enfin le retour tant attendu du "monstre X", appelé plus familièrement "gilala" dans son pays d'origine ( allez comprendre pourquoi son voyage aux states l'a fait tomber dans l'anonymat), qui avait disparu depuis 1967. A l'époque, soit la même année que "le fils de Godzilla", le kaiju eiga semblait avoir bien entamé sa phase de maturité pour se rouler joyeusement dans la pantalonnade en latex la plus régressive. Le "girara" original donc, était alors produit par la prestigieuse Shôchiku. Et si Godzilla ou même Gamera ont perduré àtravers les décennies, grapillant des budgets confortables pour leurs liftings successifs, le lézard/losange/écrevisse de shôchiku n'a pas eu les mêmes faveurs, et on peut suputer que c'est surtout le fétichisme pop de quelques otakus qui lui aura permis de montrer le bout de son bec à nouveau.
Et de fait, nous parlons ici surtout du nouveau long métrage de Kawasaki Minoru, l'auteur immense et désormais prolifique de Calamari Wrestler, Kani Goalkeeper (un crabe), Kabuto Beetle, Executive Koala, Zura Deka (une histoire de flic à perruque), Everything Sinks Excepts Japan, et autres parodies fauchées ou drames en cosplay de bestioles.
Alors certes, si le nom "Shôchiku" est encore présent quelque part au générique, ils n'ont pas du donner grand chose. Le film est un kaiju fauché de chez fauché, garanti sans effets numériques, et sans lunettes 3d. Dommage, on se demande ce que cette technologie aurait pu apporter au film, notamment à cette scèn où Takeshi Kitano, en divinité rurale vêtue d'une armure dorée, intercepte un missile nucléaire nord-coréen avec son postérieur. Il faudra pour cela attendre l'inévitable remake US par Darren Aronofsky. Les scènes se dérouleront donc entre huis-clos au sommet du G8 à Hokkaidô (des acteurs gaijins recrutés plutôt pour leur bonne humeur et leurs faibles exigences salariales que pour leurs talents dramatiques), apartés dans la forêt (avec un village constitué, euh, d'un temple...) et une ou deux scènes de maquettes ou de combats de monstre devant un décor peint (pas trop nombreuses les destructions de maquettes hein, on est plus en 68).
L'histoire reprend le thème assez classique du savoir ancestral face à l'arrogance scientifique, ou à la sauce contre-culturelle nipponne, du savoir folklorique contre les gouvernements japonais et occidentaux. Dans la lignée de "Everything sinks...", on nage plutôt dans la comédie potache sur les stéréotypes japonais sur les étrangers que dans  réel film catastrophe. Les présidents des différents pays du G8 tenteront tour à tour de mettre fin à la menace Girara à leur manière (Pucchin, le Russe, empoisonne ses adversaires, Sarkoji, le président français -vaguement ressemblant- se consacrant plutôt à la drague des traductrices japonaises).
En bref, c'est n'importe quoi, plutôt assumé, et même si ça reste imho assez en-deçà du grandiose thriller parano "Executive Koala", ça se laisse regarder plaisamment, et c'est même carrément obligatoire pour tout fan de monstres géants, de danses shintô modernes, de nord-coréennes en petites tenues et de faux Sarkozys en serviette de bain. Oui, toi, le fan de tout ça. C'est juste pour toi.